transidentité – TransAvenue https://blog.grsmontreal.com Blogue de GrS Montréal Wed, 24 Nov 2021 15:08:09 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.1.10 https://blog.grsmontreal.com/wp-content/uploads/2019/09/45218_PASTILLE_CMC_GRS_Montreal_CMYK.png transidentité – TransAvenue https://blog.grsmontreal.com 32 32 Célébrités LGBTQ+ racisées https://blog.grsmontreal.com/celebrites-lgbtq-racisees/ https://blog.grsmontreal.com/celebrites-lgbtq-racisees/#respond Wed, 09 Jun 2021 17:33:43 +0000 https://blog.grsmontreal.com/?p=1812 Bien que le Mois de l’histoire des Noir.es soit passé, il est important de continuer à souligner les contributions des personnes racisé.es, des célébrités et des individus de tous les jours. Dans le cadre de cet article, une liste non exhaustive décrira certains.nes des militant.es et influenceur.euses d'aujourd'hui et de l'histoire récente.

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Bien que le Mois de l’histoire des Noir.es soit passé, il est important de continuer à souligner les contributions des personnes racisé.es, des célébrités et des individus de tous les jours. Dans le cadre de cet article, une liste non exhaustive décrira certains.nes des militant.es et influenceur.euses d’aujourd’hui et de l’histoire récente.

Collaboration spéciale: Alex Simon est un.e étudiant.e Montréalais.e d’origine américaine de 23 ans qui s’intéresse aux réalités des personnes trans et LGBTQ. Ellui-même non binaire, iel a proposé à GrS Montréal de composer quelques articles pour le blogue TransAvenue.

Don Lemon est présentateur et journaliste de CNN News. Il s’est affiché publiquement comme étant gai dans son mémoire de 2011 Transparent, devenant un modèle pour les hommes noirs homosexuels qui se lancent dans l’industrie du journalisme.

Raven-Symoné est une actrice et chanteuse connue pour ses rôles dans les émissions The Cosby Show et That’s So Raven ainsi que dans des films comme The Cheetah Girls. Elle s’est identifiée comme membre de la communauté LGBTQ+ au milieu des années 2010, mais déclare ne pas souscrire à des étiquettes particulières.

Frank Ocean est un chanteur, auteur-compositeur et rappeur connu pour son style R&B alternatif. Il a publié une lettre sur son blogue Tumblr en 2012 exprimant ses sentiments envers un autre homme. Il a publié un essai en 2016 à la suite du massacre du Pulse Nightclub, montrant sa frustration et expliquant comment dans de nombreux cas la haine perpétrée envers les autres se transmet de génération en génération.

Angel Haze est un rappeur agenre et pansexuel. Elle utilise les pronoms lui et elle, et dans une entrevue avec Buzzfeed en 2015, il a déclaré: « Je ne me considère pas comme un sexe. Je me considère comme une expérience. » Il écrit et chante souvent à propos de divers sujets tels que l’homophobie, le racisme et la santé mentale.

Audre Lorde était une auteure, féministe et militante des droits civiques. Elle est connue pour ses écrits avec une perspective intersectionnelle. Sa poésie était souvent liée aux mouvements des droits civiques, aux handicaps, à son identité lesbienne et à son identité de femme noire. Elle a également abordé des sujets tels que la masculinité noire toxique et le statut socio-économique. Ses écrits ont contribué à ce que l’on appelle le discours féministe de la troisième vague.

Tracy Chapman est une chanteuse américaine connue pour des chansons comme Fast Car et Baby Can I Hold You. Elle a remporté quatre Grammy Awards et sa discographie s’étend sur plus de deux décennies. Elle parle rarement de son orientation sexuelle mais était en couple avec son ancienne partenaire Alice Walker dans les années 1990. Active sur les scènes sociale et politique, elle performe souvent lors d’événements caritatifs.

James Baldwin était un auteur, dramaturge, poète et militant des droits civiques. Sa carrière littéraire s’étend des années 50 aux années 80. Son activisme social et politique était omniprésent non seulement dans sa vie quotidienne, mais sous la forme de sujets présentés dans ses œuvres et leurs protagonistes respectifs. Deux de ses manuscrits, Remember This House et If Beale Street Could Talk ont été transformés en documentaire I Am Not Your Negro (2016) et en film If Beale Street Could Talk (2018).

Janet Mock est écrivaine, animatrice de télévision et militante des droits des personnes trans. Après avoir obtenu sa maîtrise en journalisme, elle a travaillé plusieurs années au magazine People en tant que rédactrice en chef. Elle s’est dévoilée en tant que femme trans en 2011 dans le magazine Marie Claire, puis est devenue militante dans les médias pour des causes sociales. Elle a écrit plusieurs mémoires et est devenue la première femme trans de couleur à obtenir un accord de production avec une grande société de contenu, dans son cas Netflix.

Laverne Cox est une actrice et une militante LGBTQ+. Elle est devenue célèbre dans son rôle dans la série Netflix Orange is the New Black, devenant par la suite la première femme trans à être nominée pour un Emmy pour son rôle. Elle a également joué et a été la productrice exécutive du documentaire Disclosure, qui traite de la représentation d’individus trans et non binaires dans la culture et les médias américains.

Janelle Monáe est une auteure-compositrice-interprète et actrice. Elle a sorti trois albums studio en 2010, 2013 et 2018, et s’est aventurée dans le cinéma en 2016 dans le film à succès Hidden Figures. Elle s’identifie à la fois comme bisexuelle, pansexuelle et non binaire.

Amandla Stenberg est une actrice et chanteuse. Son premier rôle grandement connu était dans le film Hunger Games, et a fait de nombreuses apparitions au cinéma, à la télévision et dans des vidéoclips. Elle utilise à la fois des pronoms féminins et neutres, et s’identifie comme homosexuelle et non binaire.

Lil Nas X est un rappeur, chanteur et auteur-compositeur. Il a été catapulté sous les projecteurs avec son hit country rap Old Town Road. Il s’est affiché comme étant gai après la sortie de cette chanson et est devenu le premier artiste noir LGBTQ+ à remporter un prix de la Country Music Association.

Angela Davis est une militante politique et universitaire. Elle fait partie du mouvement populaire contre le «complexe prison-industriel», un mouvement d’abolition des prisons. Pendant plus de cinq décennies, elle a soutenu de nombreux mouvements de justice sociale tels que les droits LGBTQ+, la libération des Noir.es, la solidarité palestinienne et contre le racisme et le sexisme. Aux côtés de l’activiste Kimberlé Crenshaw, elle a fondé l’African American Alliance 2000, un groupe de féministes noirs. Elle s’identifie comme lesbienne et vit avec son partenaire de vie.

Marsha P. Johnson était une militante de la libération gaie et une ancienne combattante du Stonewall Riot. Aux côtés de Sylvia Rivera, elle a fondé l’organisation Street Transvestite Action Revolutionaries (STAR) et était une militante contre le SIDA. Elle a malheureusement été retrouvée morte en 1992, la cause de son décès étant officieusement considérée comme un homicide.

Backxwash est une rappeuse zambo-canadienne basée à Montréal. Elle s’identifie trans en 2018 après la sortie de son premier EP F.R.E.A.K.S. Son album 2020 God Has Nothing to Do with This Leave Him Out of It a remporté le prix de musique Polaris 2020.

Munroe Bergdorf est une mannequin et activiste britannique. Ouvertement trans depuis l’âge de 24 ans, elle a commencé sa carrière de mannequin avec la motivation d’apporter de la diversité à l’industrie. Elle fait fréquemment des apparitions en tant que commentatrice dans des talk-shows britanniques et s’exprime sur de nombreuses causes, notamment le racisme, la transphobie et la misogynie.

Mlle Major Griffin-Gracy est une militante et une dirigeante communautaire. Elle défend notamment les femmes trans incarcérées racisées, en étant entre autres la directrice originale du Transgender Gender Variant Intersex Justice Project. Parmi les autres efforts communautaires dans lesquels elle a été et continue d’être impliquée, citons l’aide aux personnes souffrant de toxicomanie et d’itinérance, aux travailleur.euses du sexe, aux personnes vivant avec le VIH/SIDA, aux personnes à faible revenu et aux victimes de brutalités policières.

Elle Hearns est une militante des droits trans qui a cofondé le Black Lives Matter Global Network. Son intérêt pour le mouvement des droits civiques et des militants comme Malcolm X l’a amenée à devenir organisatrice au niveau jeunesse. Elle a aidé à organiser la conférence de trois jours The Movement for Black Lives en 2015 et a fondé le Marsha P. Johnson Institute.

Indya Moore est un.e acteur.ice et mannequin connu.e pour son rôle dans la série Pose. Iel a commencé sa carrière de mannequin à l’âge de 15 ans avec des marques tels que Dior et Gucci. Iel est non binaire et est la première personne trans à figurer sur la couverture de l’édition américaine du magazine Elle.

Monica Roberts était une écrivaine et une défenseure des droits trans. Elle a été la fondatrice et la rédactrice principale du blogue TransGriot, qui a attiré l’attention sur les questions relatives aux femmes trans. Elle a également apporté à un public plus large la couverture médiatique des victimes trans d’homicides aux États-Unis.

Angelica Ross est une femme d’affaires, actrice et militante des droits des personnes trans. Elle est la PDG et fondatrice de la société de technologie TransTech Social Enterprises, et joue dans les émissions Pose et American Horror Story.

Travis Alabanza est un.e artiste britannique de la performance transféminine. Iel a donné des conférences et a présenté lors de panels sur des sujets tels que le racisme, l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Iel plaide pour l’inclusion des personnes trans et non conformes dans le genre dans le courant féministe.

Willow Smith est une chanteuse et actrice avec plusieurs albums à son actif. Son single Whip My Hair a atteint le platine en 2009 et a remporté plusieurs prix pour ses activités musicales. Elle s’est identifiée comme bisexuelle et polyamoureuse en 2019.

Kehlani est une chanteuse de R&B et de hip-hop. Elle a soutenu Halsey et Demi Lovato lors de leurs tournées, a sorti deux albums et a été nominée aux Grammy Awards à plusieurs reprises. Elle s’est révélée queer et pansexuelle sur les réseaux sociaux.

Billy Porter est un artiste, acteur et musicien de Broadway. Il a joué dans la pièce Kinky Boots à Broadway en 2013 et 2017, et joue un rôle récurrent dans la série Pose. Il orne également la couverture des magazines et des articles de mode avec ses ensembles colorés sur le tapis rouge.

Alex Simon

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Histoire des Fiertés https://blog.grsmontreal.com/fierte/ https://blog.grsmontreal.com/fierte/#respond Thu, 15 Apr 2021 21:38:31 +0000 https://blog.grsmontreal.com/?p=1783 De nos jours, la Fierté gaie, ou encore les « Pride », est vue comme une semaine de célébration de la culture gaie, mais à ses débuts, la Fierté gaie soulignait le droit des personnes homosexuelles à manifester pour leurs droits.

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De nos jours, la Fierté gaie, ou encore les « Pride », est vue comme une semaine de célébration de la culture gaie, mais à ses débuts, la Fierté gaie soulignait le droit des personnes homosexuelles à manifester pour leurs droits.

Il est facile d’oublier que ce qui a mené aux fêtes et aux parades était, en réalité, des actes de résistance par des personnes marginalisées, trans et de couleur. Pour ne jamais tenir pour acquis les droits des membres de la communauté LGBTQI+, rappelons-nous l’histoire des Pride et des évènements qui ont mené à ces célébrations.

Il y a 50 ans, aux petites heures du 28 juin 1969, la police fait une descente dans une taverne new-yorkaise, le Stonewall Inn. À cette époque, les personnes homosexuelles sont largement perçues comme des criminelles ou des délinquantes. Cette taverne, qui n’a ni permis d’alcool ni même d’eau courante, est un sanctuaire où les membres de la communauté LGBTQI+ peuvent se retrouver et s’exprimer sans être harcelés. En ce temps-là, la police a le droit d’arrêter et de détenir toute personne qui semblait être un homme en drag, ainsi que toute personne qu’elle perçoit comme femme si elle portait moins de trois articles de vêtement dits « féminins ».

Lors de cette intervention, qui donne le pouvoir à la police d’identifier et de vérifier physiquement le genre des 200 clients présents, une femme trans et drag queen en a ras-le-bol. Marsha P. Johnson, une femme trans afro-américaine, aujourd’hui largement reconnue comme une icône des droits LGBTQI+, lance son verre avec détermination sur un miroir et son geste de protestation fait éclater une révolte qui durera plusieurs jours et mènera à la naissance du mouvement moderne pour les droits LGBTQI+ et à la première marche de la Fierté gaie aux États-Unis en 1970, organisée par Brenda Howard. C’est son idée d’étendre les activités sur une semaine, format toujours en vigueur aujourd’hui.

Au Canada, le mouvement pour les droits de la communauté LGBTQI+ commence au même moment. En 1969, l’homosexualité est décriminalisée et deux ans plus tard la première manifestation pour les droits des personnes gaies a lieu à Toronto. Malgré la décriminalisation, au cours des années 1970 et 1980, les raids et les descentes se multiplient et deviennent des évènements catalyseurs pour la libération des membres de la communauté LGBTQI+. Ces évènements marquent un point tournant et provoquent des changements culturels importants.

Les descentes dans les bains publics, souvent fréquentés par les hommes gais, radicalisent le mouvement. En 1974, quatre personnes sont arrêtées dans un bain public au Nouveau- Brunswick. Ce fût une des premières fois où la presse canadienne a relevé le fait gai et lesbien. En 1975 et 1976, des rafles ont souvent lieu à Montréal, sous le règne du maire Jean Drapeau, afin de « nettoyer » la ville avant les Jeux olympiques de 1976. Un an plus tard, 146 personnes sont arrêtées par 50 policiers au bar Truxx à Montréal dans une opération de style militaire. On interdit même aux personnes arrêtées de contacter leurs avocats. Puis, en 1981, une des arrestations de masse les plus importantes de l’histoire du Canada a lieu quand 300 personnes sont arrêtées dans quatre bains publics de Toronto lors de l’Opération Savon. Cette intervention marque un point tournant au Québec et ce dernier est considéré comme l’équivalent de la révolte Stonewall au Canada.

Malgré les nombreuses descentes policières au pays, c’est en 1973 que se déroule la première semaine de la Fierté gaie dans plusieurs grandes villes canadiennes. La programmation inclut un festival des arts, de la danse, un pique-nique, une projection de documentaires et un rassemblement pour les droits des homosexuels. Ce mouvement marque l’émergence des concepts de libération gaie et de fierté gaie ou de gay pride, auparavant gay power.

Dans les années 1970 et 1980, la communauté LGBTQI+ fait appel à la reconnaissance de leurs droits lors des marches de la fierté. On revendique des changements juridiques qui permettront de révolutionner la perception publique, et d’apporter un soutien plus large à la cause. La première Marche pour la Fierté lesbienne a lieu en 1981.

Dès 1973, l’homosexualité n’est plus considérée comme une maladie selon le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. En 1977, à la suite de la descente au bar Truxx, le Québec devient la première province à inclure l’orientation sexuelle dans sa Charte des droits et libertés de la personne. Il est désormais illégal de discriminer les personnes homosexuelles au travail et en matière de droit au logement.

Au cours des années 1990 et au début des années 2000, le Canada fait d’énormes progrès pour le droit des homosexuels. En 1992, la Cour fédérale permet aux personnes homosexuelles de se joindre à l’armée et l’année suivante, la Cour suprême décide que les gais et lesbiennes peuvent faire une demande de statut de réfugié si leur pays d’origine les persécute. En 1995, les couples homosexuels peuvent légalement adopter des enfants en Ontario, et l’orientation sexuelle est incluse dans la Charte canadienne des droits et libertés. En 2003, la Loi sur le mariage civil permet finalement aux couples homosexuels de se marier. En 2019, l’Organisation mondiale de la santé retire le transsexualisme des maladies mentales. En 2020, les Libéraux présentent le projet de loi C-8, visant à criminaliser les pratiques liées à la thérapie de conversion. Le Québec compte aussi un projet de loi allant dans le même sens. Grâce à ces progrès, le Canada figure maintenant parmi les meilleurs pays au monde en ce qui concerne les droits des personnes homosexuelles, même s’il reste du chemin à faire.

Partout à travers le monde, les festivals de Fierté gaie choisissent des thématiques pertinentes et des ambassadeurs et ambassadrices à l’image de leurs communautés. La Fierté est un rappel annuel sur l’importance de continuer à défendre les droits fondamentaux des personnes LGBTQI+. Les jalons ont été posés par des individus exceptionnels, qui ont lutté contre la discrimination systémique, la brutalité policière, la violence physique et les perceptions publiques. C’est en leur honneur que la Fierté gaie est fêtée chaque année.

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Qu’est-ce que la CPATH? https://blog.grsmontreal.com/cpath/ https://blog.grsmontreal.com/cpath/#respond Wed, 21 Oct 2020 20:14:09 +0000 https://blog.grsmontreal.com/?p=1644 C’est l’acronyme anglophone de l’Association professionnelle canadienne pour la santé transgenre (Canadian professional association for transgender health), une organisation de professionnels qui se consacre à la santé des personnes trans.

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Le CPATH, déjà entendu parler? C’est l’acronyme anglophone de l’Association professionnelle canadienne pour la santé transgenre (Canadian professional association for transgender health), une organisation de professionnels qui se consacre à la santé des personnes trans.

Cette organisation a été fondée en 2007, avec l’objectif de mettre en contact un réseau de fournisseurs de soins de santé disposés à se réunir un fois l’an pour discuter des enjeux et recherches liés à la santé des personnes trans et les faire avancer. Le CPATH s’intéresse par conséquent aux personnes qui s’identifient comme trans, transgenres, transsexuelles, bispirituelles, transitionnées, non-binaires, queers ainsi qu’aux hommes et aux femmes qui ont un passé médical de transition. Pour la suite de ce texte, nous utiliserons le terme trans, afin d’englober l’ensemble du spectre énoncé plus haut.

Les personnes trans sont de plus en plus visibles dans la société. Elles représentent entre 0,5 % et 1 % de la population canadienne. De même, le nombre de personnes nécessitant des soins liés à la transition double chaque cinq ou six ans. Même si de grands progrès ont été faits au fil des ans, l’accès à des soins de santé satisfaisants pour les personnes trans demeure un défi. Les professionnels de la santé ne sont pas tous personnellement ni professionnellement sensibilisés aux enjeux auxquels font face les personnes trans, ni à la complexités des soins.

Une étude américaine a révélé que 19 % des personnes trans ont déjà fait face à un refus de soins, 28 % ont été soumis à du harcèlement dans un contexte médical et 50 % rapportent avoir dû faire l’éducation de leur médecin en ce qui a trait aux soins des personnes trans. Le CPATH intervient notamment pour améliorer de façon positive l’accès aux services de santé, mettre fin à la stigmatisation, contribuer au développement des compétences des professionnels travaillant avec des personnes trans et, globalement, diffuser de l’information de façon à élargir l’inclusion des personnes trans.

Dans un processus qui s’est échelonné sur deux ans, le CPATH a aussi travaillé à la mise sur pied d’un code d’éthique régissant les recherches concernant les personnes et les communautés trans. Ce code d’éthique dresse la liste de six principes fondamentaux pour la recherche auprès de personnes trans :

  • Porter attention aux questions de légitimité et à l’impact de la recherche sur les communautés;
  • Entrer en contact avec les communautés;
  • Obtenir un consentement libre et éclairé et assurer la confidentialité du processus;
  • Tenir compte de facteurs concernant la diversité, le pouvoir, la marginalisation et la représentation;
  • Reconnaître une responsabilité envers les participants et les communautés trans;
  • Favoriser l’introspection de la part des chercheurs et de leur équipe.

Ce code d’éthique est le fruit du travail d’une équipe de personnes trans et de professionnels, ainsi que le résultat d’ateliers et consultations qui se sont tenus au cours de la conférence CPATH d’Halifax, en 2015, de la conférence World Professional Association for Transgender Health (WPATH) à Amsterdam, en 2016, et de la conférence Two Spirit and Queer People of Colour Call to Conversation with LGBT & Allies qui a eu lieu à Winnipeg, en 2017.

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Dwyane Wade montre l’exemple aux parents d’enfants trans https://blog.grsmontreal.com/dwyane-wade/ https://blog.grsmontreal.com/dwyane-wade/#respond Mon, 20 Jul 2020 14:23:20 +0000 https://blog.grsmontreal.com/?p=1575 Aux États-Unis, où la transphobie est prévalente, où les crimes haineux ont augmenté de façon significative depuis l’élection de 2016, où 80% des meurtres de personnes trans visent des personnes de couleur, le message d’une figure bien-aimée comme Dwyane est fort.

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Aux États-Unis, où la transphobie est prévalente, où les crimes haineux ont augmenté de façon significative depuis l’élection de 2016, où 80% des meurtres de personnes trans visent des personnes de couleur, le message d’une figure bien-aimée comme Dwyane est fort.

Dwyane Tyrone Wade Jr. est un ancien joueur de basketball de la NBA. Pendant ses 16 ans de carrière, il a joué principalement avec les Miami Heat, qu’il a amené quatre fois jusqu’à la finale des tournois de la NBA, en plus des médailles d’or aux Olympiques qu’il a remporté. Il a atteint le titre de joueur All-Star treize fois. Il est aussi connu pour ses activités philanthropiques, et pour être très croyant – ayant choisi le numéro de jersey 3 pour la Trinité.

Une figure du panorama américain comme ils savent si bien les faire : un athlète admirable, très religieux, défenseur de la communauté noire, de l’éducation, et de la culture. Il semble qu’il coche toutes les cases pour en faire une icône de la société américaine conservatrice, qui se raccroche comme elle peut à une image de la masculinité stéréotypée au possible.

Cependant, ce n’est pas toute l’histoire. La fille de Dwyane, Zaya Wade, est née Zion. Récemment, le basketeur expliquait à Good Morning America que Zaya sait qu’elle est une fille depuis qu’elle a 3 ans. Dwyane Wade a pris le parti de la soutenir tout en la laissant le guider, lui et leur famille, dans cette expérience. Étant une figure publique, son acceptation inconditionnelle de sa fille –qu’il a accompagnée lors de son début officiel sur le tapis rouge d’un grand évènement de la communauté LGBTQ+ noire—est le genre discours qui a une chance de changer les esprits.

De son propre aveu, de par les milieux dans lesquels il se trouvait, Dwyane a participé à des discours homophobes et transphobes, notamment dans les vestiaires de sport. « [Moi-même] j’ai pris part à la conversation qui utilise les mauvaises phrases et les mauvais mots », admet-il. Aux États-Unis, où la transphobie est prévalente, où les crimes haineux ont augmenté de façon significative depuis l’élection de 2016, où 80% des meurtres de personnes trans visent des personnes de couleur, le message d’une figure bien-aimée comme Dwyane est fort. Il dit ce qui devrait déjà pouvoir être un acquis, mais ne l’est malheureusement pas encore assez souvent : « Nous voulons nous informer le plus possible pour pouvoir donner à notre fille l’occasion d’être la meilleure version d’elle-même », confie-t-il à Ellen Degeneres, devant des milliers de téléspectateurs.

On imagine bien, d’une part, que le public de quelqu’un comme Dwyane se compose principalement de gens qui s’accrochent aux valeurs traditionnelles. On espère, d’autre part, qu’ils entendront le message d’amour que méritent tous les membres de la communauté LGBTQ+.

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Marie-Marcelle Godbout, la mère Teresa des personnes trans du Québec https://blog.grsmontreal.com/marie-marcelle-godbout/ https://blog.grsmontreal.com/marie-marcelle-godbout/#comments Tue, 30 Jun 2020 14:56:48 +0000 https://blog.grsmontreal.com/?p=1557 Décédée en 2017 à l’âge de 73 ans, Marie-Marcelle Godbout était considérée par plusieurs comme la mère Teresa des personnes trans au Québec.

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Décédée en 2017 à l’âge de 73 ans, Marie-Marcelle Godbout était considérée par plusieurs comme la mère Teresa des personnes trans au Québec.

Décédée en 2017 à l’âge de 73 ans, Marie-Marcelle Godbout était considérée par plusieurs comme la mère Teresa des personnes trans au Québec. Elle a fondé l’Association des Transsexuels (les) du Québec (devenu l’Aide aux Trans du Québec) et est l’une des premières personnes trans à avoir donné fièrement des entrevues à visage découvert.

Née en 1943, Mme Godbout a toujours été une femme.

«Du plus loin que je puisse aller dans mon enfance, à trois ou quatre ans, j’ai toujours été la personne que je suis présentement», confiait-elle alors qu’elle échangeait avec l’animatrice Liza Frulla, en 2000, sur les ondes de Radio-Canada.

«J’ai toujours été une femme», confirmait-elle sur ce plateau de télévision. Selon ses dires, son frère a compris qu’elle était une fille alors qu’il n’avait que quatre ans. Certaines personnes ont fermé les yeux, mais plusieurs avaient compris depuis qu’elle était toute petite. C’était une évidence pour celle qui pointe le code génétique pour expliquer sa réalité.

Devenue adulte au terme d’une adolescence rendue plus difficile pour cette raison, Marie-Marcelle Godbout est l’une des premières personnes à avoir opté pour une chirurgie d’affirmation de genre, laquelle était évidemment très peu connue à l’époque.

«Je fais partie des premières, exposait-elle en l’an 2000. À l’époque, dans les années 1960, le simple fait de s’habiller en femme était criminel […] on risquait de faire de la prison. J’ai donc choisi de m’exiler à Vancouver où c’était beaucoup plus permissif. J’y ai vécu avec l’identité que j’ai présentement. Mais d’abord, j’ai été en thérapie durant deux ans, suivie par psychiatre, sexologue et psychologue», a-t-elle raconté.

Une oreille et une voix pour la communauté trans

«On ne peut même pas chiffrer le nombre de personnes qui ont évité le suicide parce que Marie-Marcelle Godbout a répondu au téléphone au milieu de la nuit», avait affirmé au Journal de Montréal le président de l’organisme Aide aux Trans du Québec de l’époque, Julien Leroux-Richardson, au lendemain de son décès.

Grandement engagée dans la cause qui a été sienne sa vie durant, Marie-Marcelle Godbout a témoigné sur toutes les tribunes des réalités, encore souvent méconnues, des personnes trans.

«Elle a été d’une importance primordiale dans l’avancée des droits LGBTQ en étant à l’avant-plan de multiples conférences et rencontres avec les politiciens de tous les paliers. Derrière son courage et sa dignité se cachait une femme de cœur et de générosité. Le monde ne compte plus les personnes qu’elle a accompagné par son écoute active, 24 heures sur 24, pendant plus de 37 ans. Ce sont des milliers de personnes de partout dans la francophonie qu’elle a écoutées dans leurs moments difficiles. Avec sa patience et son cœur d’or, elle a transformé et sauvé leur vie», pouvait-on lire dans un message transmis par l’organisme Aide au Trans du Québec en date du 24 juillet 2017.

Heureusement, l’engagement passionné d’une femme comme Marie-Marcelle Godbout a fait des petits. De nos jours, en partie grâce à cette femme de cœur, le soutien apporté aux personnes trans est beaucoup plus accessible.

Marie-Marcelle Godbout (1943-2017)

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Santé mentale et chirurgie d’affirmation de genre https://blog.grsmontreal.com/sante-mentale-et-chirurgie/ https://blog.grsmontreal.com/sante-mentale-et-chirurgie/#comments Thu, 04 Jun 2020 14:29:27 +0000 https://blog.grsmontreal.com/?p=1506 Des symptômes d’anxiété et de dépression jalonnent souvent ce parcours difficile. C’est ce qu’on appelle communément la dysphorie de genre.

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Des symptômes d’anxiété et de dépression jalonnent souvent ce parcours difficile. C’est ce qu’on appelle communément la dysphorie de genre.

Au début du 20ième siècle, on recommande une psychanalyse aux patients qui souffrent de dysphorie de genre. On croit en effet qu’il faut changer l’esprit pour qu’il corresponde au corps. Aujourd’hui, on voit les choses autrement, notamment grâce au Dr Harry Benjamin qui fait carrière aux États-Unis. En 1949, il crée le terme Syndrome de Benjamin pour désigner le « transsexualisme » qu’il est le premier à définir comme « ni une perversion, ni une homosexualité ». Il est l’un des premiers à croire qu’il faut altérer le corps pour qu’il corresponde à l’identité telle que perçue, et à recommander la chirurgie ou l’hormonothérapie à ses patients trans. D’abord considéré comme un original par la communauté médicale, ses vues seront finalement adoptées.

La décision de débuter une transition se fait généralement alors qu’un parcours psychologique souvent compliqué est déjà bien entamé. Des symptômes d’anxiété et de dépression jalonnent souvent ce parcours difficile. C’est ce qu’on appelle communément la dysphorie de genre. Le soutien des proches peut être d’une importance majeure.

Les facteurs socio-économiques souvent compliqués ne font qu’empirer cette souffrance. Par exemple, les personnes trans sans domicile fixe sont statistiquement plus nombreuses que dans la population générale. Une fois à la rue, l’accès aux informations relatives aux chirurgies d’affirmation de genre et aux soins qui y sont reliés et qui pourraient soulager leur souffrance se complique grandement. Ceci est sans compter les barrières supplémentaires auxquelles font face les personnes trans appartenant aux minorités autochtones ou réfugiées, seules et n’ayant pas encore accès au régime public de santé ou ne parlant pas les langues officielles.

Parce que les mœurs changent lentement, le long parcours d’acceptation de soi et des autres peut être source d’une douleur qui mérite tout autant d’être reconnue. Cependant une étude récente de l’École de santé publique de l’Université Yale aux États-Unis a démontré que dans les années suivant les procédures chirurgicales, les individus transgenres sont nettement moins susceptibles de nécessiter un suivi en santé mentale pour dépression, anxiété ou tentatives de suicide.

Plus récemment, le Docteur Pierre Brassard de la clinique GrS Montréal disait à un journaliste du Devoir à propos de sa première patiente : « J’ai vu l’effet extraordinaire qu’a eu la chirurgie sur cette personne et la souffrance qui l’assaillait jusque-là. Sa réaction m’a convaincu de continuer à faire ce genre de chirurgies. Il n’y a pas meilleur patient qu’un patient trans. »

S’il y a cent ans les personnes trans se faisaient opérer en secret par des chirurgiens courageux qui défiaient les lois en vigueur, aujourd’hui les chirurgies sont de plus en plus accessibles et reconnues comme thérapeutiques en traitement à la dysphorie de genre. Il est cependant important de toujours se rappeler que ce choix est très personnel et peut contribuer grandement à l’amélioration de la santé mentale.

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Entrevue avec June Pilote https://blog.grsmontreal.com/june-pilote/ https://blog.grsmontreal.com/june-pilote/#respond Tue, 28 Apr 2020 18:31:35 +0000 https://blog.grsmontreal.com/?p=1349 June Pilote est une personne impliquée dans la communauté LGBTQ+ de Montréal.

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J’ai l’immense privilège de rencontrer et former des liens d’amitié avec des activistes de la région, en discutant de nos travaux personnels et communautaires au niveau de sujets LGBTQ+.

Collaboration spéciale: Alex Simon est un.e étudiant.e Montréalais.e d’origine américaine de 21 ans qui s’intéresse aux réalités des personnes trans et LGBTQ. Ellui-même non binaire, iel a proposé à GrS Montréal de composer quelques articles pour le blogue TransAvenue.

Pour cet article, j’ai décidé de poser des questions à June Pilote, directeur exécutif chez Alterhéros à Montréal et vloggeur sur des réalités queer et trans.

Alex Simon: Si vous êtes à l’aise de le partager avec nous, comment vous décririez vous au niveau de votre identité queer et trans (transmasculine, transféminine, non-binaire, etc.)? Quels pronoms utilisez-vous?

June Pilote: Je suis un humain non binaire transmasculine et j’utilise les pronoms il/lui en français et they/them en anglais. Je ne m’identifie pas énormément aux pronoms neutres en français, alors j’ai décidé d’utiliser l’alternative “masculine”.

 

AS: Quelle sorte d’activisme faites-vous dans la communauté LGBTQ+?

JP: Je fais de l’activisme LGBTQ+ depuis maintenant plus de cinq ans. J’ai commencé en tant que membre sur les conseils administratifs de différents organismes, en faisant du soutien actif par les pairs, et en facilitant des ateliers. Présentement, je suis le directeur exécutif d’Alterhéros, une ressource en ligne par et pour des personnes LGBTQ+, où on répond à des questions sur la sexualité, l’identité de genre, l’orientation sexuelle et toutes sortes d’autres sujets. On offre également des services par et pour des jeunes LGBTQ+ issus de la neurodiversité, du soutien par les pairs, des événements sociaux, le partage de ressources, etc. J’ai également une présence en ligne où je parle de ma transition et de mon identité queer en général. À travers mon compte Instagram, podcast et blogue, je discute de sujets tels que ma double mastectomie, ma dysphorie de genre et quels jouets sexuels peuvent réduire la dysphorie!

 

AS: Quel est votre parcours académique? Votre carrière actuelle ou de rêve?

JP: En raison de trucs de santé mentale qui viennent avec le fait d’être queer et trans, je n’ai jamais été en mesure de compléter un diplôme. J’ai fait deux ans d’un baccalauréat en histoire en 2011, et un an et demi en études du genre à Concordia en 2017.

 

AS: Quelles sources d’inspiration queer/trans/non-conformes dans le genre aviez-vous en grandissant?

JP: Aucun (rire). J’ai eu accès à l’Internet pour la première fois quand j’ai eu 14 ans. J’ai fait quelques recherches à propos des personnes gaies et lesbiennes, mais jamais à propos de l’identité de genre. J’ai toujours eu un inconfort à propos de mon genre, mais je n’ai jamais eu les mots pour le décrire. J’ai eu vent de réalités trans une fois rendu à l’université et rencontré Sophie Labelle en 2013. L’avoir comme amie m’a vraiment ouvert les yeux sur ce qu’est être trans, et comment je n’avais pas besoin de vivre avec mon inconfort toute ma vie.

 

AS: Quelle a été votre experience de coming out avec votre famille, vos amis et collègues?

JP: J’avais surtout des ami.es LGBTQ+, donc c’était plutôt facile avec elleux. Pour ma famille c’était un peu plus difficile. J’ai encore beaucoup de sentiments face à ça, donc je préfère ne pas en parler beaucoup. Tu peux m’écouter parler à propos de mon histoire de coming out dans le premier épisode de mon podcast «C’est quoi mon genre».

 

AS: Qu’est-ce que tu aimerais qu’une version plus jeune de toi sache à propos de l’amour de soi et de l’acceptation en tant que personne queer/trans? À propos de tes relations avec autrui?

JP: Que je ne suis pas seul, que ce sera difficile mais que ça va valoir la peine. Qu’être trans et queer ne te fait pas sentir aussi seul qu’on puisse le croire et qu’on se découvre au cours de notre vie.

 

AS: À ton avis, quelles seraient les prochaines étapes dans l’avancement des droits queer et trans? Quels défis devraient être soulignés?

JP: Tant de défis! Les droits pour les personnes trans migrantes, un accès plus facile aux chirurgies et aux hormones pour toustes, plus de financement au niveau des chirurgies pour personnes transféminines (dont la fémininisation faciale, etc.)

 

AS: Quels conseils donneriez-vous aux personnes queer/trans qui commencent à se découvrir?

JP: Si tu peux, suivre les gens trans sur les réseaux sociaux, t’entourer d’acceptation trans digitale. Tu n’as pas besoin de faire un coming out si ce n’est pas sécuritaire ou accessible pour toi.

Alex Simon

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L’importance des pronoms https://blog.grsmontreal.com/importance-des-pronoms/ https://blog.grsmontreal.com/importance-des-pronoms/#comments Fri, 27 Mar 2020 16:20:05 +0000 https://blog.grsmontreal.com/?p=1225 La langue française, contrairement à l’anglais par exemple, a la particularité d’être très genrée. Tout objet qui nous entoure a un genre, et les accords qu’on utilise sont genrés en conséquence. Cela dit, les personnes non conformes dans le genre peuvent se sentir piégées dans les complexités de la langue de Molière.

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La langue française, contrairement à l’anglais par exemple, a la particularité d’être très genrée. Tout objet qui nous entoure a un genre, et les accords qu’on utilise sont genrés en conséquence. Cela dit, les personnes non conformes dans le genre peuvent se sentir piégées dans les complexités de la langue de Molière.

Collaboration spéciale: Alex Simon est un.e étudiant.e Montréalais.e d’origine américaine de 21 ans qui s’intéresse aux réalités des personnes trans et LGBTQ. Ellui-même non binaire, iel a proposé à GrS Montréal de composer quelques articles pour le blogue TransAvenue.

Les pronoms : nous les utilisons souvent, mais nous n’y faisons pas souvent référence par leur nom. Au quotidien, nous utilisons souvent des pronoms pour désigner quelqu’un à la troisième personne. Par exemple, si nous voulons dire à notre ami que la personne d’en face a une belle robe et que cette personne a l’air féminin, nous pourrions avoir tendance à utiliser le pronom « elle ». Si vous voulez une coupe de cheveux courte similaire à celle du client assis à côté de vous, vous pourriez dire « Je veux le même style que lui ».

Pour les personnes non transgenres (cisgenres), cela peut sembler complètement anodin. Si quelqu’un vous demandait quels pronoms vous utilisez, vous n’y réfléchiriez pas. Vous pourriez même dire : « Eh bien, j’utilise des pronoms féminins évidemment », ou « J’utilise des pronoms normaux, comme n’importe quel autre gars ».

Cependant, ces généralisations sont problématiques à plus d’un titre. Premièrement, ça démontre comment les pronoms sont généralement associés aux attributs esthétiques ou physiques d’une personne. Avoir des cheveux courts ne signifie pas automatiquement que vous êtes masculin, et le fait de porter une robe ne vous oblige pas à utiliser des pronoms féminins.

Deuxièmement, cela fait apparaître toute divergence par rapport auxdites normes comme une anomalie. En déclarant que les pronoms doivent être « évidents » ou « normaux », ça discrédite tout individu ou pronom non conforme. Cela peut être autant le cas pour les personnes transgenres et cisgenres. Que ce soit dans le monde extérieur ou dans le monde du spectacle (par exemple, la drag), l’expression de soi a tellement plus de nuances et de subtilités que jamais.

Troisièmement, l’usage strict des pronoms il et elle dans de tels scénarios efface l’utilisation de pronoms neutres et des néologismes par les communautés trans et non binaires. Les pronoms neutres iel et ille (prononcé comme y-elle et comme “quille” sans le qu-, respectivement) sont deux pronoms fréquemment utilisés par des personnes qui ne se situent pas à l’intérieur du binaire homme/femme. Bien que l’utilisation de ces deux termes n’ait débuté qu’au début des années 2010, leur popularité n’a cessé d’augmenter. Des néologismes, quoique peu connus à l’extérieur de la communauté LGBTQ+, sont des nouveaux pronoms développés par des personnes trans et non-binaires qui ne trouvent pas que les options existantes de pronoms corrèlent avec leurs sens de soi. Certains exemples incluent al, ael el, ielle, ol, ul im et em.

La langue française, contrairement à l’anglais par exemple, a la particularité d’être très genrée. Tout objet qui nous entoure a un genre, et les accords qu’on utilise sont genrés en conséquence. Cela dit, les personnes non conformes dans le genre peuvent se sentir piégées dans les complexités de la langue de Molière. Autres que les pronoms, les accords sont très peu souvent neutres, donc les conjugaisons de verbes et de noms communs terminent par exemple en -é ou en -ée. Plusieurs alternatives sont possibles.

On peut par exemple faire usage d’accords mixtes, comme iel est joli.e à mes yeux ou ille est amoureux.se de moi. Ainsi, on utilise à la fois des accords dits masculins et féminins. On peut également décider d’utiliser un néologisme, par exemple ielle est allae ou ael est épuiset (donc d’utiliser ae ou t à la fin), ou d’enlever carrément l’accord terminal, à titre d’exemple iel est amoureu (donc ni de eux ou de euse). En ce qui concerne les pronoms possessifs comme mon ou ma, on peut utiliser man ou mo. Chez les pronoms démonstratifs, on peut remplacer à elle ou à lui par à ellui ou à soi. De plus, on peut remplacer le et la par lea ou lo.

Mis à part les pronoms eux-mêmes, les connotations aux adjectifs et les accords de verbes que nous utilisons peuvent également différer d’une personne à l’autre. Par exemple, quelqu’un pourrait préférer être considéré comme beau plutôt que belle, ou pourrait plutôt utiliser des termes neutres tels que « attirant.e ». Gardez cependant à l’esprit que le simple fait que quelqu’un utilise des pronoms masculins, féminins ou neutres ne signifie pas que les adjectifs ou accords qui s’y réfèrent sont du même alignement. On peut par exemple être indifférent aux pronoms qu’on utilise à son regard, mais préfère tout de même qu’on n’utilise pas d’accord de verbe féminin en s’y référant.

Au quotidien, l’un des moyens par lesquels nous pouvons normaliser le fait d’avoir des pronoms différents des pronoms supposés est de les partager lorsqu’on se présente à autrui. Les individus non transgenres peuvent le faire également, ce qui profitera à la société dans son ensemble. En règle générale, les personnes transgenres et non binaires sont les seules qui partageaient leurs pronoms de manière directe, ce qui risque de les forcer à se outer. Ce fardeau pourrait empêcher les personnes non conformes au genre d’exprimer leur identité et, par conséquent, avoir tendance à être mégenré.es par celleux qui les entourent. Les personnes cisgenres peuvent aider à soulager cette pression en participant également au partage de leurs pronoms. De cette façon, en faisant partager à chacun ses pronoms respectifs, la possibilité d’être exclues involontairement diminue.

D’un point de vue plus systémique, les institutions publiques et privées peuvent prendre des mesures pour être plus inclusives des pronoms que leurs clients utilisent. Cela inclut les options de préfixe et de pronom dans les documents et les formulaires. Indépendamment du fait que la personne ait ou non subi une transition légale, être capable de s’exprimer dans une conversation de base avec un.e fournisseur.e de soins de santé, un.e membre du personnel ou autre facilite les relations professionnelles entre les deux parties et réduit la probabilité que les personnes transgenres et non binaires évitent ces services dans leur ensemble (c’est particulièrement le cas pour les services de santé qui peuvent être particulièrement cisnormatifs). Par exemple, les personnes transmasculines pourraient se sentir plus à l’aise de subir des soins gynécologiques ou des mammographies si le service qui leur était fourni n’était pas exclusivement destiné à être « pour les femmes » et peut-être mégenré.es par les membres du personnel.

Par conséquent, avoir des pronoms qui diffèrent de ce que les gens pourraient s’attendre à ce que vous utilisiez ne rend pas votre existence moins valide, le problème est le regard actuel de la société sur la non-conformité de genre. Nous pouvons tous.tes prendre des mesures pour veiller à ce que chacun.e soit respecté pour qui iel est et comment iel s’exprime. Du point de vue individuel et sociétal, utiliser des pronoms différents pour quelqu’un que nous aimons (ou un.e parfait.e inconnu.e) pourrait initialement être un défi, mais les utiliser sera un fardeau de moins sur les épaules de cette personne, un obstacle de moins à surmonter et cela se traduira par une personne de plus dans le monde qui se sent vue, aimée et validée.

Alex Simon

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Qu’est-ce que la mastectomie? https://blog.grsmontreal.com/mastectomie/ https://blog.grsmontreal.com/mastectomie/#respond Wed, 25 Mar 2020 18:01:32 +0000 https://blog.grsmontreal.com/?p=1237 La mastectomie - ou masculinisation du torse - est l'une des chirurgies d'affirmation de genre les plus pratiquées chez GrS Montréal.

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La mastectomie – ou masculinisation du torse – est l’une des chirurgies d’affirmation de genre les plus pratiquées chez GrS Montréal.

Lors du processus de transition FTM ou FTX (non binaire), on ne pense souvent qu’à la chirurgie génitale, alors que plusieurs interventions chirurgicales sont disponibles, selon ce que les patients recherchent. L’une de ces interventions est la mastectomie, aussi appelée masculinisation du torse.

Pourquoi la mastectomie?

Alors qu’on associe souvent la mastectomie au cancer du sein, elle peut aussi constituer une étape importante de la transition pour les personnes trans. En masculinisant le torse, on a la possibilité de vraiment changer la silhouette du patient pour qui le corps ne correspond pas à l’esprit. De ce fait, la mastectomie peut réellement améliorer l’estime de soi en permettant à la personne de se sentir mieux dans son corps. Nous notons une diminution importante de la dysphorie de genre.

Deux méthodes différentes

Il existe deux façons de procéder à une mastectomie, une décision qui sera prise par le chirurgien en fonction de la quantité de tissus et de glandes mammaires que présente le patient.

La première, appelée mastectomie sous-cutanée ou péri-aréolaire, peut être exercée sur un patient présentant moins de tissu mammaire. Elle consiste à extraire les glandes mammaires à travers de petites incisions exercées discrètement au bas des mamelons puis refermées. Cette méthode laisse des cicatrices moins visibles, mais n’est pas possible pour tout le monde.

La seconde, la mastectomie bilatérale à incisions doubles avec greffe du mamelon, s’adresse aux patients dont la quantité de glandes et tissus mammaires est plus élevée. Cette technique consiste d’abord à retirer entièrement le mamelon, puis à ôter les tissus et les glandes par une incision sous-pectorale. Le mamelon, réduit si nécessaire, est ensuite fixé à l’emplacement naturel d’un mamelon masculin.

Conseils et soins pré et postopératoires

Comme pour toutes les chirurgies, la mastectomie a plus de chances de réussir et se guérira mieux sur un corps en santé. Pour s’y préparer, on recommande donc au patient de se mettre en forme, et de perdre du poids si nécessaire. En effet, un indice de masse corporel (IMC) élevé rend la cicatrisation plus difficile, et l’obésité augmente les risques de complications ou d’infections. Le tabagisme est également problématique et les chirurgiens demandent aux patients d’arrêter de fumer au moins 6 semaines avant l’intervention et 8 semaines après.

Après cette intervention qui dure environ 2 heures, il faut compter de 4 à 6 semaines de convalescence: le patient pourra aussi reprendre ses activités physiques de 6 à 8 semaines après l’intervention. Par contre, il faut s’attendre à ce que les tissus mettent entre 9 à 12 mois à se stabiliser. Pour plus d’informations, consultez votre chirurgien.

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