dysphorie – TransAvenue https://blog.grsmontreal.com Blogue de GrS Montréal Fri, 01 Oct 2021 18:10:01 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.1.1 https://blog.grsmontreal.com/wp-content/uploads/2019/09/45218_PASTILLE_CMC_GRS_Montreal_CMYK.png dysphorie – TransAvenue https://blog.grsmontreal.com 32 32 Comment je me suis préparée mentalement à ma chirurgie génitale https://blog.grsmontreal.com/preparation-mentale-chirurgie/ https://blog.grsmontreal.com/preparation-mentale-chirurgie/#respond Fri, 01 Oct 2021 18:12:33 +0000 https://blog.grsmontreal.com/?p=1909 Depuis ma chirurgie génitale, et plus d'un an et demi après l'opération, j'ai aujourd'hui une excellente relation avec ma néo-vulve.

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Depuis ma chirurgie génitale, et plus d’un an et demi après l’opération, j’ai aujourd’hui une excellente relation avec ma néo-vulve.
Franches
Franches

Franches est une ancienne patiente de GrS Montréal et de Dr Pierre Brassard. Elle est une ardente défenseuse de l’autonomisation par la connaissance et l’expérimentation. Franches est également l’autrice et l’éditrice de HolaSoyYo.com («Bonjour, c’est moi» en espagnol), un blogue où elle partage ses expériences et ses réflexions sur le changement de l’expression de genre.


Récemment, une amie proche m’a demandé comment je réussissais à avoir une relation saine avec mes nouveaux organes génitaux. Elle envisageait une chirurgie de reconstruction génitale, mais elle hésitait, d’où sa question. Elle avait entendu de quelques amies qu’il leur avait fallu jusqu’à 2 ans pour être en harmonie avec leur anatomie post-opératoire. Ce décalage par rapport à ses amies pour se sentir à l’aise avec leurs résultats la rendait incertaine.

Après avoir bien réfléchi à sa question, j’ai eu une réponse. Je suis certaine d’avoir une bonne relation avec ma néo-vulve (j’ai eu une vaginoplastie sans cavité aussi appelée vulvoplastie) en raison de ma préparation avant l’opération.

Quand je dis « préparation avant l’opération », je ne veux pas dire faire ma valise avec tout ce dont j’avais besoin pour le voyage. Je veux dire tout ce qui m’a amenée à envisager la chirurgie et à vivre avec moi-même par la suite. Avec le recul, je peux diviser cette préparation en 3 étapes principales. Elles sont pour la plupart séquentielles, mais pas forcément. Un élément cohérent au cours de ces étapes consistait à m’assurer que j’aurais réponse à toutes mes interrogations sur le processus.

Quand on m’a proposé d’écrire cet article, mon premier brouillon comptait plus de 7 000 mots ! Comme vous pouvez l’imaginer, ce serait trop long pour un seul article. J’ai décidé de réécrire cette version plus condensée. Ensuite, j’ai divisé mon long brouillon d’origine en 3 parties distinctes et je les ai liées à partir d’ici. Si vous voulez en savoir davantage, à la fin de chaque section de cet article, vous trouverez un lien vers la version plus détaillée qui se trouve sur mon blogue personnel.

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Première étape : abandonner mes anciennes façons de penser
D’où je venais

Commençons par le début, un bon moment avant même que je commence à envisager sérieusement la chirurgie. Toute ma vie, j’ai cru que changer mon expression de genre n’était pas envisageable pour moi. Malgré cela, je me suis toujours demandé ce que ce serait de grandir et de vivre dans un corps de fille. Retournons en 2015 quand j’ai commencé le traitement hormonal substitutif (THS ou HRT) et changé ma présentation de genre. À cette époque, je n’étais tout simplement pas intéressée par la chirurgie génitale. J’ai toujours gardé ce point de vue, même après ma transition sociale complète, après avoir eu recours à une chirurgie de féminisation faciale (FFS) et après mon augmentation mammaire.

C’est en 2017, alors que je me préparais pour ma chirurgie mammaire, que j’ai commencé à penser à une vulvoplastie ou peut-être à une vaginoplastie. Pourtant, chaque fois que je pensais à la chirurgie génitale, quelque chose dans mon esprit me faisait douter. J’avais l’impression d’avoir beaucoup de questions, mais je ne savais même pas si je voulais savoir quelles étaient ces questions.

 

Quelle serait la vie après la chirurgie?

Je ne pouvais manifestement pas visualiser comment ma vie allait changer après la chirurgie. Ce fut l’un des premiers blocages mentaux qui m’empêchaient d’envisager une intervention chirurgicale. Bien sûr, certains changements me tenaient à cœur, comme de ne plus avoir à cacher mes organes génitaux (tucking), mais il y en avait d’autres qui me faisaient hésiter.

Une première question à laquelle je devais répondre était si j’allais être capable de faire pipi assise pour le reste de ma vie. Wow! En l’écrivant, je réalise à quel point la question était simpliste, mais ce n’était pas le cas à l’époque. Même si je faisais déjà pipi assise depuis plusieurs années, je ne le faisais pas toujours. J’urinais debout si je trouvais l’endroit trop malpropre.

Pour obtenir la réponse à cette question, je me suis forcée à uriner assise ou accroupie pendant environ un an. Je l’ai fait chaque fois, sans exception. Bien sûr, c’était possible, comme 50% de la population l’a fait toute sa vie, mais je devais en faire l’expérience par moi-même.

Je me suis aussi demandé comment ma vie sexuelle (déjà limitée) pouvait changer. Pour cette question, j’étais rassurée même sans avoir obtenu une réponse très précise avant la chirurgie. Lors de ma discussion préalable avec le Dr Brassard, il m’a expliqué la procédure opératoire et comment le gland serait très probablement encore érogène. En fin de compte, j’étais satisfaite de comprendre les risques et possibilités même si une part d’inconnu demeurait.

 

Repenser ma relation avec mes organes génitaux

Ici, je deviens vraiment plus intime, mais je pense qu’il est important de s’ouvrir. Bien que je ne m’attende pas à ce que tout le monde partage mon point de vue, je sais qu’il touchera au moins quelques personnes. Au moins, cette ouverture sur le sujet permet d’expliquer un problème majeur que j’ai surmonté avant d’envisager cette intervention chirurgicale.

Je vois clairement maintenant qu’il s’agissait de mon blocage mental le plus important, mais je n’en étais même pas consciente. Comme mentionné ci-dessus, la majeure partie de ma vie, je n’ai jamais pensé que je changerais mon expression de genre. Cela tenait en partie au fait que j’étais satisfaite de mon corps et de mes organes génitaux avec lesquels je suis née. Cela ne m’a jamais causé de dysphorie ou de malaise. À la limite, j’étais assez à l’aise avec mon corps pour en tirer du plaisir. C’est peut-être pour cette raison que j’ai pris tout ce temps pour envisager une vulvoplastie.

 

Creuser profondément

Chaque fois que je pensais à la vulvoplastie, je sentais qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. J’ai donc creusé profondément pour comprendre mon malaise. Après beaucoup d’introspection, j’ai découvert que je permettais à mon pénis de me définir. C’était une percée parce que je pouvais enfin voir quelle était ma principale barrière mentale. Cela en dit long sur la façon dont l’environnement patriarcal dans lequel j’ai grandi m’a affectée.

Il y avait un bras de fer dans mon esprit. Je voulais envisager la chirurgie, mais comment pourrais-je même penser à me débarrasser de ce qui me défini. Encore une fois, en creusant encore plus profondément, je me suis demandé pourquoi je pensais que mes organes génitaux me définissaient. Dès que la question fut posée, la réponse est apparue : ce n’était clairement pas le cas.

Ma relation avec mon pénis est passée d’un élément qui me définissait à quelque chose qui n’ajoutait pas beaucoup de valeur. J’ai compris qu’après avoir vécu à temps plein dans le genre congruant, un changement s’était opéré. À partir de ce moment-là, j’ai pu sérieusement envisager avoir recours une chirurgie de reconstruction génitale. Si ce changement d’état d’esprit ne s’était pas produit, j’aurais certainement eu du mal à développer une relation saine avec ma physionomie postopératoire. Vous pouvez lire plus de détails sur d’autres barrières mentales que j’ai eues et comment j’ose envisager la chirurgie sur HolaSoyYo.com.

 

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Deuxième étape : la sérénité par la connaissance (pré-op)

Une fois que j’ai eu des réponses à mes principales interrogations, il était temps que j’entre dans les détails. Je voulais en savoir le plus possible sur la procédure chirurgicale. Ce faisant, je pouvais mieux comprendre à quoi m’attendre sur le plan esthétique et sur la convalescence. C’est seulement à ce moment que j’ai senti que je serais en mesure de prendre la décision d’aller ou non de l’avant. En fin de parcours, tout ce que j’ai appris m’a aidée à développer une relation saine avec les résultats obtenus et m’a permis de comprendre intimement ce qui a été fait et quel est l’impact sur ma vie au quotidien.

 

Penser aux chirurgiens

Au moment de chercher des chirurgiens et des centres chirurgicaux, la chance était de mon côté. Mon assurance médicale couvrait la chirurgie à GrS Montréal.

Cependant, le coût ou la couverture d’assurance n’était pas le seul ou le principal facteur considéré. L’esthétisme des résultats attendus, ma capacité à avoir une communication simple avec la clinique et son expertise étaient les autres points importants que j’ai considérés. L’idée était d’être rassurée sur tous ces éléments pour me sentir à l’aise avec la chirurgie, et plus important encore, avec moi-même.

La coordonnatrice des patients de GrS Montréal m’a aidée à organiser une consultation avec Dr Brassard. Quelques semaines avant mon opération, j’ai pu parler par téléphone avec Dr Brassard. À ce moment, il a répondu à ma longue liste de questions. Cela m’a également donné un petit aperçu de la personnalité et de la philosophie du chirurgien. De plus, le fait de savoir qu’il pratique des centaines de chirurgies génitales par an, aussi bien masculines que féminines, a ajouté à ma confiance en lui.

 

Bien comprendre la procédure

Comme mentionné à quelques reprises, je n’ai décidé de me faire opérer que lorsque j’ai bien compris la procédure, les risques et les protocoles de convalescence. J’ai passé d’innombrables heures à lire et à découvrir les différentes options de chirurgies génitales féminisantes. Personnellement, je préfère obtenir des faits médicaux plutôt que des témoignages personnels d’autres patients.tes. Les informations anecdotiques sont toujours colorées par le locuteur alors que la documentation médicale est souvent basée sur des années d’observations cliniques impartiales.

J’ai basé ma compréhension de la procédure principalement sur la trousse d’informations que GrS Montréal envoie à ses patients.tes. De plus, la lecture des procédures sur les sites Web de plusieurs chirurgiens/centres chirurgicaux m’a aidé à bien saisir les concepts. La trousse d’informations de GrS Montréal contenait des détails inestimables sur les préparations préopératoires, la procédure elle-même et les protocoles de suivi.

Je conseille fortement à toute personne envisageant une chirurgie génitale de lire la documentation officielle. Les parties A, B et les soins postopératoires (partie C) de la trousse d’informations pour les patients de GrS Montréal sont disponibles sur le site Web. Regardez les liens au bas des pages des chirurgies qui vous intéressent.

Je me suis aussi beaucoup appuyée sur mes échanges avec les psychologues lors de chacune de mes deux évaluations. Avant de décider d’avoir recours à une intervention chirurgicale, j’ai suivi le processus d’évaluation surtout pour obtenir des informations médicales, pas seulement pour obtenir une approbation. Je pense que cela m’a apporté une certaine clarté, car lors des évaluations, je ne me précipitais pas « pour être acceptée ». Mon intérêt était plutôt d’en apprendre autant que possible et ensuite de prendre une décision éclairée.

 

Reconnaître et accepter les risques

Si comprendre la procédure et le rétablissement était important, reconnaître les risques possibles était primordial pour ma tranquillité d’esprit. Ma première occasion d’interroger une personne qualifiée sur les risques a été pendant le processus d’évaluation préopératoire. J’ai pu finaliser ma prise d’informations sur les risques et complications possibles lors de ma consultation téléphonique avec Dr Brassard.

En lisant la trousse d’informations de GrS Montréal et les sites Web de plusieurs chirurgiens, j’ai eu une perspective assez claire sur les risques et le suivi postopératoire. J’ai également rencontré une infirmière dans une clinique spécialisée de ma région avant la chirurgie. Le fait de discuter avec elle, ainsi que mes conversations avec le chirurgien et les psychologues, en plus de mes lectures préalables, m’ont permis de comprendre et d’accepter les risques.

Je souhaite que vous soyez au courant des risques et complications les plus courants des vaginoplasties (avec ou sans cavité / vulvoplastie). Je vous suggère de vous familiariser avec ceux-ci (liste non exhaustive) si vous ou une connaissance envisagez une intervention de vaginoplastie ou de vulvoplastie :

  • Infection/abcès
  • Hypergranulation
  • Infection urinaire
  • Fistule recto vaginale (ne s’applique pas aux vulvoplasties)
  • Prolapsus du néo-vagin (ne s’applique pas aux vulvoplasties)
  • Croissance des poils à l’intérieur du néo-vagin (ou à l’intérieur du vestibule dans le cas d’une vulvoplastie)
  • Perte de sensations et incapacité à atteindre l’orgasme

Téléchargez les fiches récapitulatives sur les chirurgies de transition de Rainbow Health Ontario et recherchez la fiche Vaginoplastie pour obtenir des informations cliniques concises.

Vous trouverez plus de détails sur la façon dont j’ai acquis des connaissances et pris la décision de me faire opérer sur mon blogue. Bon nombre de ces détails se rapportent à la documentation de planification pré et postopératoire fournie par GrS Montréal ainsi qu’à d’autres sources d’informations factuelles.

 

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Troisième étape : Confiance en la convalescence (postopératoire)

À mon avis, la convalescence est le Saint-Graal du processus chirurgical. La chirurgie n’est qu’un point dans le temps; un traumatisme contrôlé méthodique et rapide. Ensuite, la convalescence débute. Toutes mes réflexions antérieures concernant mes organes génitaux, l’apprentissage, le questionnement et la compréhension visaient à me préparer au rétablissement et à la vie d’après. Les premières semaines et mois postopératoires sont cruciaux. De mes chirurgies passées, j’ai appris que plus on peut obtenir de soutien au début du rétablissement, plus simple et facile ce sera pour la suite.

En passant par mon processus psychologique qui m’a permis d’envisager la chirurgie, et me documentant autant que possible, j’ai pu améliorer ma confiance face à ma décision. Suivre cette ligne de pensée a contribué à une relation saine et naturelle avec ma néo-vulve avant même mon voyage pour Montréal. À mesure que mon rétablissement progressait, ma satisfaction et ma confiance envers les résultats se développaient positivement.

 

Ne pas s’embêter avec des choses hors de mon contrôle

Êtes-vous satisfaite de vos résultats? À quel point est-ce que c’est douloureux? Comment est le sexe? À quoi ça ressemble? Comment se sent-on? Ce sont des exemples de questions que les gens se font poser après une opération. Au début, j’avais des questions semblables, mais j’ai réalisé que les réponses n’avaient pas tellement d’importance puisqu’il n’y avait aucun moyen d’y répondre de manière générale. Une personne peut vous donner son point de vue, mais créer une attente personnelle basée sur le récit subjectif d’un autre individu, à mon avis, n’est pas une bonne idée. Un exemple très simple : si vous me demandez si je suis satisfaite de mes résultats, la réponse est oui. Bien que cette réponse ne devrait avoir aucun sens pour vous, à moins que vous ne sachiez quelles étaient mes attentes.

Lorsqu’il s’agissait de variables hors de mon contrôle, je ne passais pas beaucoup de temps à y réfléchir avant d’y être confrontée. Par exemple : je savais que je serais inconfortable et très probablement en douleurs durant les premiers jours. Combien de temps? La seule façon de savoir était de passer par la convalescence et de constater à quel point j’aurais mal. Je me suis préparée en m’attendant à l’expérience la plus douloureuse de tous les temps, même si c’était peu probable. Au lieu d’angoisser avant la chirurgie, j’allais faire face à la douleur une fois la vulvoplastie complétée.

 

Mon expérience chirurgicale passée comme référence

Pendant que je me préparais pour cette chirurgie, je me suis rappelé mes expériences chirurgicales passées et j’ai noté les similitudes. Bien qu’il existe des différences énormes entre les types de chirurgies, il y a beaucoup de choses qui sont semblables.

Lors de mes chirurgies antérieures, j’ai toujours entretenu des relations positives avec les chirurgiens et le personnel infirmier. Mes expériences de convalescence étaient assez similaires, peu importe les chirurgies. La façon dont j’ai géré la douleur et ma réaction à l’anesthésie étaient aussi comparables. Sur la base de tous ces éléments communs, je pouvais me faire une idée de ce que j’expérimenterais pour ma vulvoplastie à Montréal.

 

L’Asclépiade

Le séjour à Montréal comprend un certain nombre de nuits à la Maison de convalescence Asclépiade avant votre retour à la maison. Ce séjour à l’Asclépiade a rendu les premiers moments postopératoires beaucoup plus agréables et simples. Imaginez le réconfort d’être dans un foyer avec d’autres patientes trans qui ont subi une reconstruction génitale comme vous. Ajoutez ensuite la présence continuelle d’infirmières spécialement formées pour répondre à vos besoins (hébergement, gestion des médicaments, soins des plaies, enseignement, etc.). Comparez ensuite cette offre à une convalescence à la maison, à l’hôpital ou dans une chambre d’hôtel et vous comprendrez la différence majeure dans l’accompagnement postopératoire chez GrS Montréal.

Avec mon expérience positive à l’Asclépiade, il était rassurant de savoir que si j’avais une complication à mon retour, je recevrais l’aide nécessaire. Et cette tranquillité d’esprit a également renforcé ma confiance dans ma relation avec mes résultats chirurgicaux.

 

Récupération à la maison

J’ai tout mis en œuvre pour rendre mon vol de retour aussi confortable que possible. En général, le vol après l’intervention chirurgicale peut être difficile, en particulier sur de longs trajets lorsque la zone opérée rend la position assise inconfortable ou douloureuse.

De plus, j’avais prévu un rendez-vous avec une infirmière de la clinique spécialisée quelques jours après mon retour. L’infirmière surveillerait mon rétablissement et mes soins après mon retour à la maison. Donc, avant même de partir pour Montréal, je ressentais déjà une certaine sécurité de savoir que quelqu’un pouvait s’occuper de moi à mon retour. En passant, c’est la même infirmière qui m’avait donné quelques excellents conseils des semaines avant de prendre l’avion vers Montréal pour la chirurgie.

Vous pouvez trouver plus de détails sur la façon dont je me suis préparée pour la récupération sur HolaSoyYo.com et même sur la façon avec laquelle j’ai composé avec un problème une fois de retour à la maison.

 

Conclusion

Comme je l’ai mentionné au début de cet article, j’ai pu développer une relation saine avec ma néo-vulve en cherchant des réponses à chacune de mes interrogations, même si parfois la réponse était « Je n’ai pas encore de réponse précise ». Je devais, avant d’avoir recours à une chirurgie d’affirmation de genre, procéder à une réflexion approfondie et un changement de perceptions au sujet des organes génitaux que j’avais depuis la naissance. Sans ce processus mental, des doutes irrésolus auraient pu miner mon degré de satisfaction envers ma nouvelle physionomie.

C’est seulement après avoir bien compris l’intervention, ses risques, les possibles complications et le processus de convalescence que j’ai pu prendre une décision éclairée.

Si vous ou une personne que vous connaissez envisagez une chirurgie d’affirmation de genre, particulièrement une vaginoplastie, assurez-vous que vous comprenez très bien les implications qu’elle comporte. Les premiers mois de convalescence d’une vaginoplastie peuvent être intenses. Plus vous obtiendrez de soutien durant cette période, plus il sera facile pour vous de vivre sereinement avec votre nouvelle anatomie.

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Lettre ouverte de notre travailleur social https://blog.grsmontreal.com/lettre-ouverte/ https://blog.grsmontreal.com/lettre-ouverte/#comments Fri, 15 Jan 2021 19:22:40 +0000 https://blog.grsmontreal.com/?p=1720 Lettre ouverte pour donner suite à l’article de Éric Yvan Lemay (Journal de Montréal) du 12 janvier 2021 intitulé «Chirurgies annulées, mais pas celle d’une meurtrière trans».

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Lettre ouverte pour donner suite à l’article de Éric Yvan Lemay (Journal de Montréal) du 12 janvier 2021 intitulé «Chirurgies annulées, mais pas celle d’une meurtrière trans».
Henri Labelle, Travailleur Social et Psychothérapeute
Henri Labelle, Travailleur Social et Psychothérapeute

Henri Labelle est travailleur social et psychothérapeute pour GrS Montréal depuis tout près de 3 ans. Diplômé en Sciences à l’Université de Montréal puis en Travail Social à l’UQAM, il s’est spécialisé en santé mentale dès les débuts de sa pratique. Il a oeuvré en milieux communautaires, dans le réseau de la santé et en pratique privée de la psychothérapie. Déjà très intéressé par les soins offerts à la population LGBTQ+, il se consacre uniquement à la clientèle de GrS Montréal depuis le début de son mandat au sein de l’entreprise.

Vendredi le 15 janvier 2021 à Montréal

Mardi matin paraissait, en première page du quotidien Le Journal de Montréal, un article du journaliste Éric Yvan Lemay qui exposait le fait que des chirurgies d’affirmation de genre avaient lieu à Montréal malgré les difficultés du réseau de santé public à subvenir à la demande en raison de la propagation de la COVID-19.

L’auteur y mêle des concepts de façon à créer, de façon bien sournoise, l’impression que des personnes trans reçoivent des services chirurgicaux au détriment de patients du réseau public de la santé. Évidemment, comment ne pas s’indigner que des chirurgies d’affirmation de genre soient maintenues alors que les hôpitaux publics doivent réduire la cadence des chirurgies critiques. C’est un amalgame très vendeur.

Le sujet a été repris par de nombreux commentateurs sous la bannière de Québecor toute la journée de façon très irrespectueuse. Certains de ces éditorialistes sont d’ailleurs bien connus pour leurs positions peu flatteuses envers la communauté trans et non-binaire.

Les commentaires du public sur les médias sociaux au sujet de l’article de M. Lemay en disent long aussi sur le mépris que doivent affronter les minorités sexuelles et de genre encore aujourd’hui. Si les soins pour cette clientèle sont si rares, c’est que très peu de professionnels sont formés pour répondre aux besoins criants de cette population.

GrS Montréal, filiale du Centre Métropolitain de Chirurgie, offre des services chirurgicaux aux personnes trans depuis des décennies. Jusqu’à tout récemment, il s’agissait du seul centre au Canada où ces chirurgies essentielles étaient offertes et GrS Montréal demeure, à ce jour, le seul établissement privé spécialisé au pays.

Il faut comprendre que le bassin de patients·tes trans et celui du réseau public de la santé ne constituent pas un vase communiquant. Il ne s’agit donc pas d’un choix à faire entre deux clientèles. Même si le Centre Métropolitain de Chirurgie cessait ses activités de chirurgies d’affirmation de genre, aucun impact positif ne serait ressenti pour la clientèle du réseau public. D’ailleurs, plusieurs discussions avec le ministère de la Santé et des Services sociaux ont eu lieu en début de pandémie mais nous n’avions pas les ressources nécessaires pour le supporter.

Le Centre Métropolitain de Chirurgie n’a pas l’équipement d’un hôpital public capable de recevoir des patients atteints de problèmes de santé physique critiques comme un cancer ou un trouble cardiaque. Laisser entendre qu’une personne qui reçoit un service chirurgical lié à son genre ici empêche un patient atteint de cancer d’être opéré est complètement malhonnête et erroné. C’est aussi faire fi des multiples spécialités médicales!

Lors de la première vague d’infection à la COVID-19, l’hôpital a dû cesser ses activités durant tout près de 3 mois. Malgré tout, une équipe a été constituée pour intervenir auprès d’une clientèle en grande détresse. Les demandes de services en santé mentale ont explosé dans tout le pays en lien avec l’annulation des chirurgies qui étaient prévues au printemps. Les organismes venant en aide aux personnes issues des minorités sexuelles et de genre ont été débordés de demandes d’aide.

Contrairement au message véhiculé dans l’article et par les commentateurs mardi, l’accès à ces traitements chirurgicaux est long et fastidieux! Les personnes désireuses d’y avoir recours doivent s’armer de patience et de résilience car il ne suffit pas de « s’inscrire » pour la chirurgie. Elles doivent parfois rencontrer de nombreux professionnels en santé physique et mentale pour confirmer leur éligibilité auxdites chirurgies.

Considérer les chirurgies d’affirmation de genre comme de simples procédures esthétiques démontrent à quel point le sujet de la dysphorie de genre est mal connu. Les statistiques sur le suicide chez la population trans sont démesurées si on les compare à celles de la population en général. Pour les personnes qui désirent avoir recours à ces interventions, le chemin est jonché d’obstacles et l’annulation sans date de report prévue est vécue de façon catastrophique pour plusieurs d’entre elles.

Les interventions des journalistes et commentateurs de Québecor auront simplement permis que les personnes trans soient pointées du doigt pour les problèmes actuels du réseau de la santé québécois. Le Centre Métropolitain de Chirurgie a mis en place des mesures sociosanitaires exemplaires qui font en sorte qu’aucune éclosion de COVID-19 n’a eu lieu en son sein depuis le tout début de la pandémie. Nous sommes tous empathiques et compatissants envers les Québécois qui ont besoin de soins urgents pour des problèmes de santé graves et qui n’y ont pas accès. Cependant, accuser une population déjà marginalisée et diminuer l’importance de ses besoins en soins médicaux n’aidera absolument personne.

Une rigueur journalistique de base et un minimum de compassion auraient permis à l’auteur de l’article de comprendre à quel point il fait erreur lorsqu’il laisse entendre que les chirurgies d’affirmation de genre ne sont pas essentielles. Si ses collègues et lui-même avaient simplement pris la peine d’appeler un organisme qui vient en aide aux personnes trans avant de donner leurs opinions mal informées, peut-être auraient-ils pu éviter de ridiculiser l’impact de la dysphorie de genre pour les personnes qui en souffrent au quotidien.

Henri Labelle, B.Sc. B.T.S. – Au nom de toute l’équipe de GrS Montréal
Travailleur Social et Psychothérapeute pour GrS Montréal


À lire sur le même sujet: Gender Confirmation Surgery: Cosmetic or Reconstructive Procedure? (Par les Drs Pierre Brassard et Alex Laungani).

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Santé mentale et chirurgie d’affirmation de genre https://blog.grsmontreal.com/sante-mentale-et-chirurgie/ https://blog.grsmontreal.com/sante-mentale-et-chirurgie/#comments Thu, 04 Jun 2020 14:29:27 +0000 https://blog.grsmontreal.com/?p=1506 Des symptômes d’anxiété et de dépression jalonnent souvent ce parcours difficile. C’est ce qu’on appelle communément la dysphorie de genre.

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Des symptômes d’anxiété et de dépression jalonnent souvent ce parcours difficile. C’est ce qu’on appelle communément la dysphorie de genre.

Au début du 20ième siècle, on recommande une psychanalyse aux patients qui souffrent de dysphorie de genre. On croit en effet qu’il faut changer l’esprit pour qu’il corresponde au corps. Aujourd’hui, on voit les choses autrement, notamment grâce au Dr Harry Benjamin qui fait carrière aux États-Unis. En 1949, il crée le terme Syndrome de Benjamin pour désigner le « transsexualisme » qu’il est le premier à définir comme « ni une perversion, ni une homosexualité ». Il est l’un des premiers à croire qu’il faut altérer le corps pour qu’il corresponde à l’identité telle que perçue, et à recommander la chirurgie ou l’hormonothérapie à ses patients trans. D’abord considéré comme un original par la communauté médicale, ses vues seront finalement adoptées.

La décision de débuter une transition se fait généralement alors qu’un parcours psychologique souvent compliqué est déjà bien entamé. Des symptômes d’anxiété et de dépression jalonnent souvent ce parcours difficile. C’est ce qu’on appelle communément la dysphorie de genre. Le soutien des proches peut être d’une importance majeure.

Les facteurs socio-économiques souvent compliqués ne font qu’empirer cette souffrance. Par exemple, les personnes trans sans domicile fixe sont statistiquement plus nombreuses que dans la population générale. Une fois à la rue, l’accès aux informations relatives aux chirurgies d’affirmation de genre et aux soins qui y sont reliés et qui pourraient soulager leur souffrance se complique grandement. Ceci est sans compter les barrières supplémentaires auxquelles font face les personnes trans appartenant aux minorités autochtones ou réfugiées, seules et n’ayant pas encore accès au régime public de santé ou ne parlant pas les langues officielles.

Parce que les mœurs changent lentement, le long parcours d’acceptation de soi et des autres peut être source d’une douleur qui mérite tout autant d’être reconnue. Cependant une étude récente de l’École de santé publique de l’Université Yale aux États-Unis a démontré que dans les années suivant les procédures chirurgicales, les individus transgenres sont nettement moins susceptibles de nécessiter un suivi en santé mentale pour dépression, anxiété ou tentatives de suicide.

Plus récemment, le Docteur Pierre Brassard de la clinique GrS Montréal disait à un journaliste du Devoir à propos de sa première patiente : « J’ai vu l’effet extraordinaire qu’a eu la chirurgie sur cette personne et la souffrance qui l’assaillait jusque-là. Sa réaction m’a convaincu de continuer à faire ce genre de chirurgies. Il n’y a pas meilleur patient qu’un patient trans. »

S’il y a cent ans les personnes trans se faisaient opérer en secret par des chirurgiens courageux qui défiaient les lois en vigueur, aujourd’hui les chirurgies sont de plus en plus accessibles et reconnues comme thérapeutiques en traitement à la dysphorie de genre. Il est cependant important de toujours se rappeler que ce choix est très personnel et peut contribuer grandement à l’amélioration de la santé mentale.

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La transition sauve des vies https://blog.grsmontreal.com/la-transition-sauve-des-vies/ https://blog.grsmontreal.com/la-transition-sauve-des-vies/#respond Fri, 08 Nov 2019 15:30:32 +0000 https://blog.grsmontreal.com/?p=628 Le fait de se sentir la liberté d’être soi-même apporte un immense bien-être à l’individu, quel qu’il soit et peu importe son parcours. À la lumière des statistiques évoquées plus haut, on ne peut que conclure que l’acceptation de soi sauve des vies et si cette acceptation passe par une chirurgie de réassignation de genre, cette transition aura aussi sauvé une vie.

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« On peut sauver des vies si on ouvre son cœur, ne serait-ce qu’un petit peu… »

C’est une partie du touchant témoignage que livre un jeune homme, dont le nom n’est pas dévoilé, dans une magnifique vidéo sur YouTube portant sur le coming out trans.

Pour lui, la transition vers la vie dans un corps d’homme a été salvatrice, tout comme l’acceptation de ses proches, particulièrement celle de ses parents. Plusieurs études tendent à confirmer que les idées et comportements suicidaires prévalent de façon disproportionnée chez les jeunes lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres, bispirituels ou queers (LGBTQ) et que des liens de solidarité et d’acceptation autour de la personne en détresse peuvent contribuer à renverser la vapeur.

Selon le Centre de prévention du suicide du Québec, près de 1050 personnes se sont suicidées dans la province de Québec en 2016. Dans l’ensemble du Canada, selon Statistiques Canada, on dénombre 500 jeunes canadiens, âgés de 10 à 24, qui meurent par suicide chaque année. On ne sait cependant pas combien de personnes, parmi celles-ci, s’identifient comme LGBTQ ou peuvent éprouver des difficultés ou troubles liés à des questionnements sur leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, puisque cette information n’est pas reportée sur les certificats de décès. On sait cependant que les jeunes LGBTQ sont quatre fois plus enclins à commettre une tentative de suicide que leurs pairs hétérosexuels.

Une enquête menée en Colombie-Britannique, en 2007, sur la santé des adolescents a démontré que 33 % des jeunes qui s’identifiaient LGB avaient fait une tentative de suicide, contre 7 % chez les jeunes du même âge en général. Ce qui ressort à travers toutes ces statistiques, peu importe l’âge des personnes en cause, c’est la fragilité et la détresse qu’apporte chez certains le fait de se questionner sur son orientation ou son identité sexuelle. Le constat est le même si la personne a franchi le pas qui lui permet de s’identifier comme LGBTQ. Le chemin vers le bien-être peut être parsemé d’embûches et chaque individu l’affronte avec un bagage qui lui est propre, additionné d’un certain nombre de facteurs qui sont tout à fait indépendants de l’identité de genre ou de l’orientation sexuelle, mais qui jouent aussi un rôle important.

Le fait de se sentir la liberté d’être soi-même apporte un immense bien-être à l’individu, quel qu’il soit et peu importe son parcours. À la lumière des statistiques évoquées plus haut, on ne peut que conclure que l’acceptation de soi sauve des vies et si cette acceptation passe par une chirurgie de réassignation de genre, cette transition aura aussi sauvé une vie.

En 2018, des chercheurs de l’Hôpital universitaire d’Essen en Allemagne ont mené une étude visant à mesurer la qualité de vie des personnes transgenres à l’aide d’un formulaire spécialement conçu. Pour la toute première fois, les scientifiques ont pu confirmer que la chirurgie de réassignation de genre améliorait considérablement la qualité de vie de la majorité des patients, et ce, dans une proportion de 75 %.

Docteur Jochen Hess, qui a dirigé l’étude, a déclaré : « Il est très important que nous disposions de données fiables sur la qualité de vie des personnes transgenres. Elles ont généralement une qualité de vie moindre que celle des non-transgenres, avec des taux plus élevés de stress et de troubles psychiques. C’est une bonne chose que la chirurgie puisse changer cela, mais aussi que nous puissions maintenant démontrer que la chirurgie a un effet positif. »

Dans la majorité des provinces canadiennes et dans plusieurs pays, il est possible de bénéficier gratuitement de certaines chirurgies et traitements d’affirmation de genre.

Si vous avez perdu vos repères ou si l’un de vos proches démontre des signes de détresse, n’attendez pas, demandez de l’aide : 1 866-APPELLE (1 866-277-3553). Vous y trouverez une oreille, du soutien et de l’information 24 h/24, 7 jours sur 7.

L’Aide aux Trans du Québec (ATQ) offre une ligne d’écoute et d’intervention disponible en tout temps : 1-855-909-9038 #1.

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