Chirurgies Trans Social et Culturel

Santé mentale et chirurgie d’affirmation de genre

Santé mentale trans

Des symptômes d’anxiété et de dépression jalonnent souvent ce parcours difficile. C’est ce qu’on appelle communément la dysphorie de genre.


Au début du 20ième siècle, on recommande une psychanalyse aux patients qui souffrent de dysphorie de genre. On croit en effet qu’il faut changer l’esprit pour qu’il corresponde au corps. Aujourd’hui, on voit les choses autrement, notamment grâce au Dr Harry Benjamin qui fait carrière aux États-Unis. En 1949, il crée le terme Syndrome de Benjamin pour désigner le « transsexualisme » qu’il est le premier à définir comme « ni une perversion, ni une homosexualité ». Il est l’un des premiers à croire qu’il faut altérer le corps pour qu’il corresponde à l’identité telle que perçue, et à recommander la chirurgie ou l’hormonothérapie à ses patients trans. D’abord considéré comme un original par la communauté médicale, ses vues seront finalement adoptées.

La décision de débuter une transition se fait généralement alors qu’un parcours psychologique souvent compliqué est déjà bien entamé. Des symptômes d’anxiété et de dépression jalonnent souvent ce parcours difficile. C’est ce qu’on appelle communément la dysphorie de genre. Le soutien des proches peut être d’une importance majeure.

Les facteurs socio-économiques souvent compliqués ne font qu’empirer cette souffrance. Par exemple, les personnes trans sans domicile fixe sont statistiquement plus nombreuses que dans la population générale. Une fois à la rue, l’accès aux informations relatives aux chirurgies d’affirmation de genre et aux soins qui y sont reliés et qui pourraient soulager leur souffrance se complique grandement. Ceci est sans compter les barrières supplémentaires auxquelles font face les personnes trans appartenant aux minorités autochtones ou réfugiées, seules et n’ayant pas encore accès au régime public de santé ou ne parlant pas les langues officielles.

Parce que les mœurs changent lentement, le long parcours d’acceptation de soi et des autres peut être source d’une douleur qui mérite tout autant d’être reconnue. Cependant une étude récente de l’École de santé publique de l’Université Yale aux États-Unis a démontré que dans les années suivant les procédures chirurgicales, les individus transgenres sont nettement moins susceptibles de nécessiter un suivi en santé mentale pour dépression, anxiété ou tentatives de suicide.

Plus récemment, le Docteur Pierre Brassard de la clinique GrS Montréal disait à un journaliste du Devoir à propos de sa première patiente : « J’ai vu l’effet extraordinaire qu’a eu la chirurgie sur cette personne et la souffrance qui l’assaillait jusque-là. Sa réaction m’a convaincu de continuer à faire ce genre de chirurgies. Il n’y a pas meilleur patient qu’un patient trans. »

S’il y a cent ans les personnes trans se faisaient opérer en secret par des chirurgiens courageux qui défiaient les lois en vigueur, aujourd’hui les chirurgies sont de plus en plus accessibles et reconnues comme thérapeutiques en traitement à la dysphorie de genre. Il est cependant important de toujours se rappeler que ce choix est très personnel et peut contribuer grandement à l’amélioration de la santé mentale.

  1. Danny Carignan

    Ho que oui vous SAUVÉ MA VIE ! Avant je n’avais plus d’espoir et la , ma transition à débuté et ma prochaine chirurgie (mastec ) sen viens très bientôt ! FÉLICITATIONS À TOUT LES CHIRURGIENS DU GRS Montréal et de leur équipe !

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