MTF Social et Culturel

Martine Rothblatt, femme trans exceptionnelle

Martine Rothblatt

Les personnes trans sont très présentes en affaires et certaines d’entre elles offrent de hautes performances dans plusieurs sphères d’activités. On les retrouve à la tête d’entreprises et à l’origine de nombreuses organisations de tous genres, bref, elles sont actives et brillent.


Les personnes trans sont très présentes en affaires et certaines d’entre elles offrent de hautes performances dans plusieurs sphères d’activités. On les retrouve à la tête d’entreprises et à l’origine de nombreuses organisations de tous genres, bref, elles sont actives et brillent. Martine Rothblatt fait partie de cette prestigieuse liste et elle figure même dans une classe à part : celle des pionnières et des battantes.

Assignée homme à sa naissance en 1954 à Chicago, Martine Rothblatt a grandi à San Diego et à Los Angeles auprès d’un père dentiste et d’une mère orthophoniste. Son enfance, elle la passe la tête dans les livres et les nuages, alors qu’elle est élevée au sein d’une famille juive pratiquante, installée dans un milieu hispanique.

Diplômée en droit de l’Université de Californie à Los Angeles, Martine Rothblatt a vécu la première partie de sa vie en tant qu’homme. C’est durant cette période, en 1979 plus précisément, qu’elle rencontre l’amour de sa vie, sa femme Beverlee Prator (alias « Bina »), avec qui elle se mariera en 1982. Ensemble, elles auront deux enfants prénommés Gabriel et Jenesis. Il est à noter que Martine et Bina avaient chacune un enfant d’une précédente relation et qu’ils en ont aussi adopté un cinquième.

C’est en 1994 qu’après les réflexions qui s’imposent pour ce genre de décision, Martine Rothblatt a choisi de faire une transition et de féminiser son nom. Tout au long de cette démarche, Martine a été soutenue par sa conjointe, Bina.

Professionnellement, Martine Rothblatt a amorcé son étonnant parcours en fondant l’entreprise pharmaceutique United Therapeutics Corp dans le but premier de trouver un remède pour sa fille de 7 ans, Jenesis, qui était alors depuis peu atteinte d’hypertension artérielle pulmonaire, une maladie rare qui s’avère fatale dans les deux ans suivant le diagnostic. Madame Rothblatt engagera la personne qui trouvera le bon traitement et, du fait même, se retrouvera à la tête d’une entreprise dont la vocation première est de décoder les propriétés pharmacogénomiques des médicaments, de fabriquer des organes transplantables antirejet et, en tout premier lieu, de générer et de proposer de nouveaux traitements destinés aux personnes atteintes de maladies rares.

Quelques années plus tard, cette brillante femme d’affaires sera à l’origine de startups majeures telles que GeoStar et Sirius Radio, une société majeure spécialisée dans l’exploitation des satellites ainsi que de Terasem, un mouvement transhumaniste qu’elle a créé en 2004 avec sa partenaire de vie.

C’est d’ailleurs à travers ce mouvement qu’elle concrétise, encore aujourd’hui, sa théorie selon laquelle toute personne pourra un jour être réincarnée dans un monde artificiel.

À ce sujet, Martine Rothblott et son équipe ont créé, en 2010, un robot à l’image de sa conjointe et portant le nom de Bina48. Impressionnant de par son aspect et ses capacités communicationnelles, celui-ci est technologiquement mis à jour de façon très régulière.

Au fil des ans, Martine Rothblatt signera aussi de nombreux articles en plus de rédiger des livres abordant la xénotransplantation (Your Life or Mine), la cyberéthique (Virtually Human) et la « non-binarité » (Transgender to Transhuman).

Aujourd’hui, cette femme visionnaire perçoit un salaire annuel de 38 millions de dollars, lequel est fixé en fonction d’un contrat qui aligne ce montant sur le prix de l’action de sa firme. Véritable figure de proue du transhumanisme, Martine Rothblatt était la PDG la mieux payée en Amérique, en 2016.

Faits saillants

1954 – Naissance de Martine Rothblatt, à Chicago

1982 – Elle épouse Bina

1990 – Elle fonde l’opérateur de communications par satellite Sirius

1994 – À 40 ans, elle a recours à une chirurgie d’affirmation de genre

1995 – Elle publie un rapport sur l’« Apartheid des sexes »

2004 – Elle lance le mouvement transhumaniste Terasem

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *